• Passé composé 2

    Des vestiges des jours que les vents disséminent

    en ce jardin rentré où erre ma raison

    j'extrais je consigne j'archive et parchemine

    mille éclats fossiles d'astres sans horizons.

     

    Comme le sel d'argent révèle en chambre noire

    les détails ignorés que l'ombre n'a vaincus

    je fixe en mes pages ce que je n'ai pu voir :

    force fulgurances qui publient le vécu.

     

    Débordant de son lit roulant mille galets

    j'entends je vois rugir l'Orb fou de sa colère

    quand l'orage a voulu de l'été se défaire...

     

    souvenir d'un autre dont l'art s'en est allé

    puisant aux mystères dont j'écris la brillance.

    Qui serais-je sans eux moi qui rêve en conscience ?

     

     

     


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  • Tu es un rêve enfui dont je recueille avide

    la lumière ténue et les faibles indices.

    Me voici explorant les lieux les pièces vides

    où de rares vestiges émergent de l'abysse.

     

    De toi ne luisent plus que les hauts souvenirs

    qui t'unissent à ceux que préserve la vie.

    Mais que sont les secrets que tu n'as voulu dire

    les minutes cachées que la mort t'a ravies ?

     

    Ta mémoire est d'ombre comme elle s'est enfuie,

    je cours toujours après, hanté par le mystère

    du noir de tes pages que les pluies délavèrent.

     

    Mais à te rechercher je me perds dans la nuit

    de mon propre passé où viennent s'associer

    les images perdues de nos âmes liées.

      

     

     

     

     


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  • Elle en conserve les parfums, elle en préserve les manières, elle en exhibe les symboles, elle en revendique les vertus : sous les atours de la démocratie républicaine dont elle se drape, qui se cache que je ne saurais voir ?

    Et du vermillon des tapis aux dorures des palais, au son du clairon, à l'éclat des sabres, devant la flamme du Combattant, sous les couleurs que l'on hisse, de haies d'honneur en accolades solennelles, elle s'affiche au gré des ondes complices, servant au peuple -à défaut de le servir- la comptine ripolinée des artifices.

    Aussi pousse-t-elle la contrefaçon jusqu'à fabriquer quelque héraut dont elle aura soigné l'image : voici qu'elle avance masquée, l'innommable !

    A tous les incrédules, aux indélicats, aux mauvais coucheurs, elle aura beau jeu d'opposer la légitimité d'un scrutin façonné aux injonctions de la peur : depuis le cercle étroit des initiés, dans l'entre-soi des salons, elle gouvernera à sa guise observant hautaine les gesticulations empressées de parlementaires donnant l'opérette.

    Et dans ce flamboyant décor, combien de trahisons encore et de rêves avilis avant que le souffle chaud des consciences ne s'éveille, combien de jours avant que ne se dresse le front du refus : refus du travail qui abîme, refus de l'argent qui écrase, refus du mépris de la jeunesse, refus du massacre de la nature ?

     


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