•                                       J'aurais bien voulu m'étendre à l'ombre légère

                                          des tamaris qui ploient grâciles sous le vent

                                          j'y aurais humé les flagrances de mystère

                                          qui s'étalent inertes sous l'horizon du temps

     

                                          J'aurais aimé me dissoudre dans l'air fécond

                                          du bien commun qui élabore le partage

                                          j'aurais désiré ta peau que lèche un frisson

                                          dans la bienveillante fraîcheur de murs sans âge

     

                                          Nous aurions gagné le bruit clair d'une fontaine

                                          regardant sur l'onde nos reflets de jeunesse

                                          ignorant les regrets qui défont les caresses

     

                                          Mais comment se perdre ou s'aimer quand vient la haine,

                                          mauvais fruit que font murir des coeurs égoïstes ?

                                          Insouciance perdue ! En ton nom, je résiste !

     

     

     

     

     


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    M. le Premier Sinistre

    bombant le torse il en appelle à la Nation

    bannissant la source d'où s'épanchent les rêves

     lui le vil fossoyeur qui excave sans trêve

    la terre généreuse où luisaient les passions

     

    au nom de ses maîtres il assoit le projet

    qui voit se hisser la bannière de la peur

    tandis qu'à ses pieds les pleutres les zélateurs

    depuis leurs chambres votent les lois du rejet

     

    there is no alternative : le bel adage

    de l'oligarchie dont il sert la cause inique

    sacrifiant la jeunesse aux ambitions cyniques

     

    redoutant par dessus tout l'idée du partage

    il attise les craintes il endort les consciences

    cette Nuit pourtant le peuple entre en résistance

     

     

     

     

     


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    Te voici gagné à de puissantes causes

    qui te réclament à la vie

    si loin de nos terres conquises dont j'exhume

    au gré des strates anciennes

    quelque ammonite ou paquebot, dinosaure ou conte d'eau,

    et parfois la photo voilée d'une aube claire...

    puissants artefacts

    dont éclosent les souvenirs,

    comme de l'ambre jaune

    surgissent les vestiges

    d'un monde enfui...

     

    Eau noire en sa fontaine

    Langue de métal, voix contrefaite

    Envol d'une tourterelle

    Fantôme poursuivant un roi

    Noble dame en ses hautes terres

    Et l'éclat du chrome dans la jungle d'un ravin

     

    Tu n'oublies rien

    tu vas où tu deviens

    au creux des songes

    que tu emportes

    et moi je reste en ce chemin

    que tu prolonges que tu inventes

    à l'ombre claire des possibles...

     

    C'est l'encre du temps

    qui coule dans mes veines.


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