Partir benlèu
Je suis le vent caressant tes collines,
je suis la lumière oblique égrenant tes murs,
je suis l'eau à tes fontaines ombragées.
Sur tes plaines fécondes et tes montagnes arides,
tes rives étincelantes ou tes villes-mondes,
je m'étends en rêve comme pour mieux te parcourir,
contrée nourricière, berceau de ma langue et du beau-vivre.
Pourtant, loin de tes routes étroites inondées de soleil,
s'efface doucement le souvenir d'une vie perdue.
Reclus dans mon sommeil de plomb, j'attends et j'espère.
Parfois, dans le rougeoiement crépusculaire,
il m'arrive encore de sentir ton souffle chaud
se répandre dans les rues mortes et mes artères glacées.
Je crois alors entendre l'écho lointain d'une musique douce
dans le crépitement joyeux d'un feu de myrte.