Partir benlèu
Il est non loin d'ici une contrée perdue, parcourue de forêts profondes, frissonnant de la multitude des murmures qui couvent et se tapissent à l'ombre épaisse des frondaisons, et sur laquelle le temps n'a d'autre emprise que le rythme immuable des saisons...
1809 : une date, une saison, une bataille ou un siège, un traité caduc, une évasion, des émeutes, une rébellion, un fleuve que l’on traverse, une position reprise à l’ennemi, des trahisons, le sang qui abreuve les sillons, une frégate sur l’océan, un...
L’hôtel c’est la vie en plans-séquences, où le cours des choses s’appréhende autrement. Une mise en perspective, un éclairage différent, où s’ébrèche le voile opaque de l’ordinaire. Porter le temps d’un court séjour un regard extérieur sur sa propre vie,...
C'est en rais d'argent que le jour s'efforçe d'adoucir mon visage de pierre. Mais mon âme demeure désespérément de glace, livrée à tous les tourments dans un hiver sans fin. J'avais pourtant navigué haut et loin, doublé des caps, franchi des brisants,...
Tu me dis voir l'ombre se répandre en tes rêves comme le gazole qui dénigre l'azur tu me dis te défier de ce bras sans glaive qui pille à son profit et te livre à l'ordure tu me dis avoir peur tu me dis redouter ce que sera demain loin des terres meurtries...
Tu déconstruis l’amour comme tu le hais, ce petit parfum insaisissable de la vie qui échappe à ton analyse froide. De tes mots puissants tu dissèques les âmes blessées qui s’en remettent à toi confiantes comme autrefois les fidèles à monsieur le curé...
Austère, il frémit pourtant de sa vie intérieure où s'écoule la sève comme entre les lignes d'un livre. Il abandonne au corbeau le privilège de sa ramure qui grandit et s'étend, quand ses racines plongent dans les entrailles du temps. Son ombre étale...
Des vestiges des jours que les vents disséminent en ce jardin rentré où erre ma raison j'extrais je consigne j'archive et parchemine mille éclats fossiles d'astres sans horizons. Comme le sel d'argent révèle en chambre noire les détails ignorés que l'ombre...
Elle en conserve les parfums, elle en préserve les manières, elle en exhibe les symboles, elle en revendique les vertus : sous les atours de la démocratie républicaine dont elle se drape, qui se cache que je ne saurais voir ? Et du vermillon des tapis...
Hêtres et pins, roche dormante En se promenant dans les sous-bois pentus de la haute Margeride, il n'est pas rare de tomber sur un amoncellement de roches que d'épais taillis de hêtres et de pins semblent garder comme un secret ; parfois ce sont d'âpres...
J'aurais bien voulu m'étendre à l'ombre légère des tamaris qui ploient grâciles sous le vent j'y aurais humé les flagrances de mystère qui s'étalent inertes sous l'horizon du temps J'aurais aimé me dissoudre dans l'air fécond du bien commun qui élabore...
Marie, René, Il aura suffi que je passe devant cette maison claire pour que vous sortiez des limbes de l'incertain : ces volets clos surannés de vert, cette tuile rouge comme l'Espagne qu'elle porte, vos prénoms enchaînés vers une destinée ascendante,...
Tu es un rêve enfui dont je recueille avide la lumière ténue et les faibles indices. Me voici explorant les lieux les pièces vides où de rares vestiges émergent de l'abysse. De toi ne luisent plus que les hauts souvenirs qui t'unissent à ceux que préserve...
L'Ecriture est argentique chambre obscure qui s'ouvre et s'expose aux rayons incidents du clair et des ombres. Aux couleurs éclatantes elle préfère les nuances de gris et de noirs desquelles elle extrait sa vérité profonde. Dans les galeries et les passages...
Souvenirs égarés de voyages qui s'achèvent un jour, au bout de la route, aux confins : dans l’auto, espoirs tournés vers l’ailleurs, rires joyeux, fraîcheur des ombres, caresses du vent aux visages offerts, reflets changeants sur les paupières closes,...
Au commencement de ce songe j'étais enfermé dans ma minuscule chambre, au plafond bas et aux murs ornés de papier peint fané. Je lisais, je flânais en moi-même et surtout j'espérais que la crise mélancolique qui me traversait ne tarderait pas à s'éloigner...
Ce serait un soir, dans l'été finissant. J'aurais rassemblé quelques affaires, réglé ce qui pouvait l'être, et laissé tout le reste en suspens... puis j'aurais passé un long moment à feuilleter les albums-photo, jeté un ultime regard depuis la fenêtre...
A toi qui parcourus l’océan de tes pensées, courageuse et obstinée, qui cherchas en ces eaux troubles les causes du mal qui te ronge. Mais tu ne fus pas seule dans ce long voyage, le fils d’Erèbe était à tes côtés. Loin de toi je m’oubliai et je renonçai,...
Ceci s’adresse à ceux qui portent haut l’aspiration du peuple au renouveau démocratique, qui entendent placer le bien commun au dessus du calcul et de la convoitise : candidats en campagne, femmes et hommes d’hémicycles, ministres et gouvernants à venir....
Nous irons, esprits boiteux, égrener la poussière des chemins, partout où le temps est de biais, nous poursuivrons la diagonale du vide, au chant de l’aube, au cri du soir, nous irons dans la glace et le feu, sous les nuées, au soleil du Midi, à l’eau...
Te voici gagné à de puissantes causes qui te réclament à la vie si loin de nos terres conquises dont j'exhume au gré des strates anciennes quelque ammonite ou paquebot, dinosaure ou conte d'eau, et parfois la photo voilée d'une aube claire... puissants...
Pour autant, ces discrètes excavations, parées de lichen et de mousse, apparaissent d'autant plus nombreuses que la forme des roches qu'elles jalonnent revêt une forme éminemment remarquable : équilibres improbables et silhouettes contrariées qui se jouent...
A toi la mutine l’indomptée qui portes haut la conscience de l’injuste pour sans cesse te réinventer : lutte féconde pour un meilleur partagé. De ton combat éveillé tu crées la distance lucide qui arme ton cœur, tu allumes les contre-feux joyeux de l’espérance,...
Les nuées défilent au gré des volontés incertaines du ciel. Impuissantes à défier les hommes, elles se contentent de quelque ondée soudaine qui n'aura pour effet que de n'en noyer quelques-uns. Au dessous, sur ce miroir double qu'est la surface de la...
Lettres, cartes postales, vaisseaux lents de mes voyages inertes, combien de jours pendu à la boîte aux lettres, espérant l'Ailleurs, humant à la brise des mondes distants ? Bien souvent dans mes affaires de cœur, je m'en remettais au courrier : c'était...