Partir benlèu
Des vestiges des jours que les vents disséminent
en ce jardin rentré où erre ma raison
j'extrais je consigne j'archive et parchemine
mille éclats fossiles d'astres sans horizons.
Comme le sel d'argent révèle en chambre noire
les détails ignorés que l'ombre n'a vaincus
je fixe en mes pages ce que je n'ai pu voir :
force fulgurances qui publient le vécu.
Débordant de son lit roulant mille galets
j'entends je vois rugir l'Orb fou de sa colère
quand l'orage a voulu de l'été se défaire...
souvenir d'un autre dont l'art s'en est allé
puisant aux mystères dont j'écris la brillance.
Qui serais-je sans eux moi qui rêve en conscience ?